Spiritualité Chrétienne

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Message de Dieu le Père à Mère Eugenia Elisabetta Ravasio

« Le Père parle à ses enfants »

Mère Eugénie E. Ravasio

 

Imprimatur

+ Petrus Canisius van Lierde,

Vic. Generalis e Vic. Civit. Vaticanae, Roma, die 13 Martii 1989

 

 

Présentation


 

Dieu est mon Père

 

"Dieu est mon Père!": voilà le cri qui, de nos jours, s'élève toujours plus fréquemment dans le monde, les hommes reconnaissent Dieu comme leur Père. Par conséquent, nous retenons nécessaire la publication de ce Message que Dieu-Père a donné au monde par l'intermédiaire d'une créature qui L'a tant aimé, Sœur Eugénie Élisabeth Ravasio, Message considéré authentique par l'Eglise.

 

En outre, nous avons retenu utile de publier le témoignage que S .E. Mons. Alexandre Caillot, Évêque de Grenoble, a fourni à la conclusion des travaux de la Commission qu'il convoqua en 1935 pour le procès diocésain. Les experts de la Commission provenaient de diverses parties de France et leur procès dura dix ans.

 

Entre autres firent partie de la commission: le Vicaire de l'Évêque de Grenoble, théologien; 1es frères jésuites Alberto et Augusto Valencin, tous les deux très compétents dans le domaine philosophique et théologique et experts dans l'évaluation de cas semblables; deux médecins dont un psychiatre.

 

Nous confions à la Vierge Marie la diffusion de ce Message et, avec Elle, nous invoquons le Saint Esprit afin qu'il aide les hommes à comprendre et à reconnaître la

profonde tendresse que le Père nourrit pour chaque homme.

 

P. Andrea D'Ascanio, o.f.m. Cap.

 

Bref aperçu de la vie de Mère Eugénie Ravasio

 

Qui était Mère Eugénie?

 

Qui était cette créature que le Père appelait « la fille bien-aimée ... ma petite plante »? Mère Eugénie a été une des plus grandes lumières de ces temps: le petit prophète d'une Nouvelle Église, dans laquelle le Père est au centre et au sommet de toute foi, et dont l'unité est le plus grand idéal de toute spiritualité. C'est la lumière que le Père a donné au monde en ce temps chaotique et ténébreux pour que l'on reconnaisse la route à suivre.

 

Mère Eugénie naquit le 4 septembre 1907 d'une famille de paysans, à San Gervasio d'Adda (maintenant Capriate San Gervasio) petit centre de la province de Bergamo. Elle fréquenta seulement l'école élémentaire et après avoir travaillé quelques années dans une usine, à l'âge de 20 ans elle entra dans la Congrégation de Notre-Dame des Apôtres, où son caractère charismatique se développa et la fit élire Mère Générale de cette Congrégation à l'âge de 28 ans. Mais toute dimension spirituelle mise à part, pour la faire rentrer dans l'histoire, il suffirait de considérer son action dans le domaine social: en 12 ANS d'activité missionnaire elle ouvrit plus de 70 centres (avec infirmerie, école, et église) dans les lieux les plus abandonnés de l'Afrique, de l'Asie et de l'Europe. Elle découvrit le premier médicament soignant la lèpre, extrait d'un germe d'une plante tropicale, remède qui fut ensuite étudié et élaboré par l'Institut Pasteur de Paris. Elle entraîna à sa suite Raoul Follereau qui fut dès lors considéré comme l'apôtre des lépreux.

 

De 1939 à 1941, elle réalisa à Azopté (en Côte d'Ivoire) son projet de la "ville des lépreux": c'est un immense centre de regroupement pour ces malades, qui s'étend sur une superficie de 200.000 m2, qui reste encore aujourd'hui un centre d'avant-garde en Afrique et dans le monde. Pour cette réalisation, le 4 juin 1950 la France accorda la Légion d'honneur à la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame des Apôtres (dont Mère Eugénie fut Supérieure Générale de 1935 à 1947), la plus grande distinction nationale pour des œuvres à caractère social.

 

Mère Eugénie retourna au le Père le 10 août 1990. l'Oeuvre la plus importante qu'elle nous ait laissée est le message que nous vous présentons ici, " le Père parle à ses enfants ", qui est l'unique révélation donnée personnellement par Dieu le Père et reconnue authentique par l'Eglise après 10 ans d'examens rigoureux. Il est important de dire que le Père en 1932, dicta à Mère Eugénie Le Message en latin, langue qui lui était totalement inconnue. C'est en 1981 que nous avons pu obtenir ce message de façon miraculeuse et en 1982 ( pour le 50ème anniversaire) nous avons commencé à le publier en langue italienne. Ce sont les grâces provenant de ce Message qui nous ont poussé à le répandre gratuitement, surtout dans les prisons, les casernes et les hôpitaux. Grâce aux collaborateurs que le Seigneur nous a donnés, nous avons pu assurer l'impression en albanais, allemand, anglais, arabe, coréen, français, espagnol, hollandais, hongrois, polonais, portugais, russe et ukrainien. Les éditions en chinois et japonais, sont en cours d'élaboration.

 

Voici maintenant, précédant Le Message, le Témoignage de Son Excellence Monseigneur Alexandre Caillot, Évêque de Grenoble.

 

P. Andrea D'Ascanio, o.f.m. Cap.


 

Témoignage de Son Excellence, Monseigneur Caillot

 

 

 

Évêque de Grenoble, à la suite du Rapport établi pendant l'enquête canonique, faite au sujet de Mère Eugénie Élisabeth Ravasio.

 

Dix années se sont écoulées depuis que, comme Évêque de Grenoble, j'ai décidé l'ouverture d'une enquête, sur le cas de la Mère Eugénie. Je possède maintenant des éléments suffisants pour apporter à l'Église, mon témoignage d'Évêque.

 

1° Une première certitude se dégage en pleine clarté de l'enquête.

 

Celle des vertus solides de Mère Eugénie. Dès le début de sa vie religieuse, la Sœur avait attiré l'attention de ses Supérieures, par sa piété, son obéissance, son humilité. Les Supérieures déroutées par le caractère extraordinaire des faits qui s'étaient produits pendant le noviciat de la Sœur, étaient décidées à ne pas la garder au couvent. Elles hésitaient et durent renoncer à leur projet, devant la vie exemplaire de la Sœur Tout le long de l'enquête, Sœur Eugénie fit preuve d'une grande patience et d'une docilité parfaite, - en se soumettant à tous les examens médicaux sans se plaindre, - en répondant aux interrogatoires, souvent longs et pénibles, des commissions théologiques et médicales, - en acceptant les contradictions et les épreuves.

 

Tous les enquêteurs ont loué surtout, sa simplicité. Plusieurs circonstances ont permis aussi, de découvrir que la Sœur était capable de pratiquer la vertu à un degré héroïque, au témoignage des théologiens, notamment l'obéissance dans l'enquête du Révérend Père Auguste VALENCIN, en juin 1934, et l'humilité dans la douloureuse journée du 20 décembre 1934.

 

Dans ses fonctions de Supérieure générale, je puis attester que je l'ai trouvé très appliquée à son devoir d'état, se donnant à sa tâche, qui devait cependant lui paraître d'autant plus difficile qu'elle n'y était pas préparée, avec un grand amour des âmes, de sa Congrégation et de l'Église. Ceux qui la voient vivre de près sont frappés, comme je le suis moi-même, de sa force d'âme au milieu des difficultés.

 

Ce ne sont pas seulement les vertus qui m'impressionnent, ce sont les qualités que la Mère révèle dans l'exercice de l'autorité qu'une religieuse, peu instruite, en arrive à occuper la plus haute fonction de sa Congrégation! Il y a là, déjà quelque chose d'extraordinaire, et, de ce point de vue, l'enquête faite par mon Vicaire Général Mgr GUERRY - le jour de l'élection - est fort suggestive. Les réponses des capitulantes, toutes, supérieures et déléguées des diverses missions, ont montré qu'elles choisissaient Mère Eugénie comme Supérieure générale, malgré son jeune âge et les obstacles canoniques qui devaient écarter normalement l'idée de sa nomination, en raison de ses qualités de jugement, d'équilibre, d'énergie et de fermeté.

 

La réalité semble bien avoir dépassé l'espérance que les électrices mettaient en celle qu'elle choisissaient. Ce que j'ai le plus remarqué chez elle, c'est d'abord, son intelligence claire, vive, pénétrante. J'ai dit que son instruction avait été déficiente, d'ailleurs, pour des raisons extérieures indépendantes d'elle-même: la maladie prolongée de sa mère, l'avait obligée à prendre, très jeune, les soucis du ménage et, à manquer la classe très souvent. Puis, se furent, et jusqu'à son entrée au couvent, les rudes années de la vie à l'usine, comme ouvrière tisseuse. Malgré ces lacunes premières, dont les conséquences se font évidemment sentir dans sa composition et l'orthographe, Mère Eugénie fait à sa Communauté de nombreuses conférences. Elle a rédigé elle-même notamment, ses circulaires à sa Congrégation et, les contrats conclus avec les municipalités ou les Conseils d'administration, pour les Établissements hospitaliers confiés aux Sœurs de Notre-Dame des Apôtres.

 

Elle a composé un long directoire. Elle voit clair et juste dans une situation, comme dans un cas de conscience. Ses directions sont nettes, précises, particulièrement pratiques. Elle connaît particulièrement chacune de ses mille quatre cents filles, avec leurs aptitudes et leurs vertus, et est ainsi capable pour les nominations aux différents postes, de choisir celles qui sont les plus qualifiées. Elle a également une connaissance exacte, personnelle, des besoins, des ressources de sa Congrégation, de la situation de chaque maison. Elle a fait la visite de toutes ses missions.

 

Nous voulons noter aussi son esprit de prévoyance. Elle a pris toutes les dispositions nécessaires pour que, dans l'avenir, chaque établissement hospitalier ou scolaire ait les Sœurs diplômées dont il aura besoin pour vivre et se développer. Il me paraît tout spécialement intéressant enfin, de faire remarquer que Mère Eugénie semble douée d'un esprit de décision, du sens du réel et d'une volonté réalisatrice. En six ans elle a fait soixante sept fondations et elle a su apporter bien des améliorations utiles dans la Congrégation.

 

Si je révèle ses qualités d'intelligence, de jugement, de volonté, ses aptitudes de gouvernement, c'est parce qu'elles me paraissent écarter définitivement toutes ces hypothèses qu'il a bien fallu envisager à un moment au cours de l'enquête, mais qui étaient impuissantes à donner l'explication satisfaisante: hypothèses d'hallucinations, d'illusions, de médiumnité, d'hystérie, de délire.

 

La vie de la Mère est une constante démonstration de son équilibre mental et général, et, cet équilibre semble même à des regards observateurs, être la note dominante de sa personnalité. Les autres hypothèses de suggestibilité, de maniabilité, qui avaient poussé les enquêteurs à se demander s'ils n'étaient pas en présence d'une nature très impressionnable, véritable miroir à facettes subissant toutes les influences et les suggestions, ont été également réfutées par la réalité quotidienne. Mère Eugénie, bien que douée d'une nature sensible et d'un tempérament émotif, a prouvé qu'elle ne faisait pas acception des personnes et que, bien loin de se laisser influencer par les considérations humaines, elle savait marquer ses projets, son activité, ses réalisations et s'imposer aux autres par son rayonnement personnel. Un simple fait en dira plus long que toutes les appréciations: au lendemain de son élection comme Supérieure Générale, elle dut procéder à des élections de Supérieures, or, elle n'hésita pas à remplacer une de celles qui venaient de voter pour elle: en débarquant en Égypte, cette Supérieure locale apprit son changement, notifié par avion.

 

2°) Sur l'objet de la Mission

 

L'objet de la Mission qui aurait été confié à Mère Eugénie, est précis et, du point de vue doctrinal, me paraît légitime et opportun.

 

Objet précis: faire connaître et honorer le Père, notamment par l'institution d'une fête spéciale, demandée à l'Église. L'enquête a établi qu'une fête liturgique en l'honneur du Père, serait bien dans la ligne de tout le culte catholique, conforme au mouvement traditionnel de la prière catholique, qui est une ascension vers le Père, par le Fils, dans l'Esprit, comme le prouvent les oraisons de la Messe et l'oblation liturgique au Père dans le Saint Sacrifice. D'autre part, cependant, c'est un fait qu'il n'existe aucune fête spéciale en l'honneur du Père; la Trinité est honorée comme telle, le Verbe et l'Esprit-Saint sont honorés dans leur mission et leurs manifestations extérieures, seul le Père n'a pas une fête propre, qui attirerait l'attention du peuple chrétien sur sa Personne.

 

Faut-il attribuer à cette absence d'une fête liturgique en Son honneur ce fait, qu'une enquête assez étendue auprès de nombreux fidèles a révélé, dans les diverses classes de la société et, même auprès de nombreux prêtres et religieux: « Le Père n'est pas connu, on ne le prie pas, on ne pense pas à Lui ». L'enquêteur découvre même avec stupeur, qu'un grand nombre de chrétiens se détournent du Père, parce qu'ils voient en Lui, un Juge terrible. Ils préfèrent s'adresser à l'humanité du Christ et, combien demandent à Jésus de les protéger contre la colère du Père!

 

Une fête spéciale, aurait donc comme premier effet de rétablir l'ordre dans la piété de beaucoup de chrétiens et, de les ramener à la consigne du Divin Sauveur: « Tout ce que vous demandez au Père, en mon nom... » et ensuite: « Désormais, vous prierez ainsi: Notre Père... ».

 

Une fête liturgique en l'honneur du Père aurait également pour effet, d'élever le regard vers Celui que l'Apôtre Saint Jacques appelait: « Le Père des Lumières de qui nous viennent tous les dons ... ». Elle habituerait les âmes à considérer la Bonté Divine les bienfaits de Dieu Trinité et que c'est par sa nature divine, commune aux Trois Personnes, que Dieu répand sur le monde les trésors inépuisables de sa Miséricorde Infinie. Il semblerait donc, au premier abord, qu'il n'y ait aucune raison spéciale d'honorer le Père en particulier, pourtant, n'est-ce pas le Père qui a envoyé Son fils dans le monde? et, s'il est souverainement juste de rendre un culte au Fils et à l'Esprit, pour leurs manifestations extérieures, ne serait-il point juste et équitable, de rendre grâces à Dieu le Père, comme le demandent les préfaces de la Messe, pour le Don qu'Il nous a fait de son Fils.

 

L'objet propre de cette fête spéciale se dégage ainsi nettement: Honorer le Père, Le remercier, Le louer, pour nous avoir donné Son Fils; en un mot, comme le dit exactement le Message: comme Auteur de la Rédemption. - Rendre grâces à Celui qui a tant aimé le monde, qu'Il lui a donné Son Fils Unique, pour que tous les hommes, rassemblés dans le Corps Mystique du Christ, récapitulent ce Fils, deviennent fils en Lui.

 

A l'heure où le monde égaré par les doctrines du laïcisme, de l'athéisme et des philosophies modernes ne connaît plus Dieu, le vrai Dieu, cette fête ne ferait-elle pas connaître à beaucoup le Père vivant que Jésus nous a révélé, le Père de miséricorde et de bonté? Ne contribuerait-elle pas à accroître le nombre de ces adorateurs du Père "en esprit et en vérité" que Jésus a annoncés?

 

A l'heure où le monde déchiré par des guerres meurtrières va éprouver le besoin de chercher un principe solide d'union, pour un rapprochement entre les peuples, cette fête n'apporterait-elle pas une grande lumière, en apprenant aux hommes, qu'ils ont tous au Ciel le même Père: Celui que Jésus leur a donné et vers qui Il les entraîne, comme membres de son Corps mystique, dans l'unité du même Esprit d'Amour! A l'heure où tant d'âmes épuisées ou lassées par les épreuves de la guerre, pourraient être avides de se tourner vers une vie intérieure profonde, cette fête n'est-elle pas capable de les appeler "au dedans" pour adorer le Père qui est dans le secret et pour se livrer en une oblation filiale et généreuse au Père, Source unique de la Vie de la Trinité Sainte en elle? Une telle fête, ne conserverait-elle pas le beau mouvement de vie surnaturelle qui entraîne logiquement les âmes, autour de l'enfance spirituelle et de la vie filiale vers le Père, par la confiance, L'abandon à la Volonté Divine, l'esprit de foi?

 

Par ailleurs, distinct de cette question d'une fête spéciale et quelle que soit la décision de l'Église sur ce point, il y a un problème de doctrine qui se pose. D'éminents théologiens estiment que la doctrine des rapports de l'âme avec la Trinité Sainte demande à être approfondie et qu'elle pourrait être pour les âmes, une source de lumière sur la vie en société avec le Père et le Fils, dont parle S. Jean, sur la participation à la vie de Jésus, Fils du Père, par une commune disposition du Christ, intime de son Cœur Sacré, notamment à sa charité filiale pour son Père. Quoiqu'il en soit de ces problèmes théologiques, ce que je veux souligner ici, c'est ce fait: qu'une pauvre ignorante en théologie déclare, avoir des communications divines, qui pourraient bien être riches de doctrine.

 

Les constructions imaginaires d'une visionnaire, sont pauvres, stériles, incohérentes. Par contre, le Message que la Mère Eugénie dit lui avoir été confié par le Père, est fécond, - avec un mélange harmonieux de deux caractères qui le rend plus sûr: d'une part, il se présente comme traditionnel dans l'Église, sans un aspect de nouveauté, qui pourrait le faire taxer de suspect, car, il répète sans cesse, que tout a été dit déjà, par la Révélation du Christ sur Son Père, et que tout est dans l'Évangile. Mais, d'autre part, il déclare que cette grande Vérité, sur la connaissance du Père, demande à être repensée, approfondie, vécue. La disproportion, entre la faiblesse de l'instrument incapable par lui-même de découvrir une doctrine de cette nature, et la profondeur du Message que la Sœur apporte, ne laisse-telle pas entrevoir, qu'une autre cause supérieure, surnaturelle, divine, est intervenue pour lui confier ce Message?

 

Je ne vois pas comment, humainement, on pourrait expliquer la découverte, par la Sœur, d'une idée dont les enquêteurs théologiens n'ont entrevu que peu à peu l'originalité et la fécondité.

 

Un autre fait me semble également très suggestif: lorsque la Sœur Eugénie a annoncé qu'elle avait eu des apparitions du Père, les enquêteurs théologiens lui ont répliqué que les apparitions du Père étaient en elles-mêmes impossibles, qu'elles ne s'étaient d'ailleurs jamais produites dans l'histoire, - à ces objections, la Sœur a résisté, déclarant simplement: "Le Père m'a dit de décrire ce que je voyais. Il demande à ses fils théologiens de chercher. " La Sœur n'a jamais varié dans ses explications, elle a maintenu ses affirmations pendant de longs mois. Or, ce n'est qu'en janvier 1934, que les théologiens découvrirent, dans Saint Thomas d'Aquin lui-même, la réponse à l'objection qu'ils se faisaient.

 

La réponse du grand docteur, sur la distinction entre l'apparition et la mission fut lumineuse. Elle leva l'obstacle qui paralysait toute l'enquête. Contre de savants théologiens, la petite ignorante avait eu raison.

 

Comment là encore expliquer humainement la lumière, la sagesse, la persévérance de la Sœur? Une fausse visionnaire aurait cherché à s'adapter aux explications des théologiens. La Sœur a tenu bon; Voilà de nouvelles raisons pour lesquelles son témoignage nous paraît digne d'être appuyé avec confiance.

 

En tout cas, ce qui me paraît digne de remarque c'est cette attitude de réserve prise et indiquée à l'égard du merveilleux. Tandis que de fausses mystiques font passer au 1er plan ou même ne voient que les choses extraordinaires. Celles-ci sont, dans le cas de la Sœur, reléguées au 2éme plan, à titre de preuves et de moyens. Il y a une absence d'exaltation, un équilibre des valeurs qui font bonne impression.

 

De l'enquête des théologiens je ne dirai que peu de choses. Les Révérends Pères Albert et Auguste Valencin sont estimés pour leur autorité philosophique et théologique, pour leur connaissance de la vie spirituelle aussi. Ils avaient dû intervenir déjà en d'autres circonstances pour des faits du genre de ceux qui étaient soumis, cette fois, à leur examen. Nous savons qu'ils l'avaient fait avec beaucoup de prudence. Ce sont ces raisons qui les avaient désignés à notre choix.

 

Nous leur sommes reconnaissant pour une collaboration qui fut dévouée et vraiment consciencieuse. Leur témoignage en faveur de la Sœur et en faveur d'une explication surnaturelle des faits dans leur ensemble a d'autant plus de valeur qu'ils sont demeurés longtemps, d'abord hostiles et sceptiques, puis hésitants. Ils ont été gagnés peu à peu après avoir soulevé toutes sortes d'objections et imposé à la Sœur de rudes épreuves.

 

Conclusions

 

En mon âme et conscience avec le sentiment très vif de ma responsabilité devant l'Église, je déclare:

 

Que l'intervention surnaturelle et divine me paraît seule capable de donner de l'ensemble des faits une explication logique et satisfaisante.

 

Dégagé de tout ce qui l'entoure, ce fait essentiel m'apparaît plein de noblesse, d'élévation, de fécondité surnaturelle.

 

Une humble religieuse a rappelé les âmes au vrai culte du Père, tel que Jésus l'a enseigné et tel que l'Église l'a fixé dans sa liturgie.

 

Il n'y a là rien de troublant, rien que de très pur et conforme à une solide doctrine.

 

Les faits merveilleux qui accompagnent ce message pourraient être dissociés de cet événement central que celui-ci conserverait toute sa valeur. L'Église dira si l'idée de la Fête spéciale peut être retenue séparément du fait particulier de la Sœur, et pour des raisons doctrinales.

 

J'estime que la grande preuve de l'authenticité de la Mission de la Sœur nous est fournie par la manière dont elle applique à sa vie réelle, la belle doctrine qu'elle serait venue rappeler.

 

J'estime qu'il convient de la laisser continuer son œuvre. Je crois qu'il y a là le doigt de Dieu et, après dix années de recherches, de réflexions et de prières, je bénis le Père d'avoir daigné choisir mon diocèse, comme le lieu de manifestations aussi touchantes de son Amour.

 

+ Alexandre Caillot

(Évêque de Grenoble à l'époque où a été donné le Message)

 

Message du Père

Premier Cahier

 



01/10/2007 8 Poster un commentaire

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